CORDOUE
Histoire de Cordoue
Epoque romaine
Cordoue est un ancien peuplement ibérique et est occupée par Claudius Marcellus, un Romain, en 169 avant l’ère chrétienne. Elle était la capitale de la province d’Hispania Baetica. Différents monuments datant de l’époque romaine sont encore visibles dans cette ville.
Au troisième ou au quatrième siècle, Cordoue devient un siège épiscopal. Le premier évêque de Cordoue a probablement été Ossius qui est présent au premier concile de Nicée en 325. Il a été conseiller de l’empereur Constantin.
Epoque wisigothe
Lors de l’effondrement de l’Empire romain d’Occident au Ve siècle, Cordoue passe sous la domination des Vandales, puis des Wisigoths jusqu’en 711, à l’exception d’un bref intermède byzantin, entre 544 et 571.
Epoque musulmane
Les Maures conquièrent la ville en 711. Elle devient le centre de Abel ar-Rahman qui fonda l’émirat de Cordoue en 756, puis d’un califat après avoir rompu tout lien avec les Abbassides de Bagdad.
De 785 à 987, les Musulmans entreprennent la construction de la Grande Mosquée de Cordoue. L’apogée de la ville est atteinte en 929, lorsque l’omeyyade ‘Abd al-Rahman III établit le califat de Cordoue. En 858, remontant le Guadalquivir, le chef viking Hastingpille Cordoue.
Les règnes d’Abd al-Rahman III (912-961), de son fils Al-Hakam II (961-976) et Al-Mansur Ibn Abi Aamir (981-1002) constituent la période la plus glorieuse de l’histoire de Cordoue. Elle est alors la cité la plus peuplée, avec près de 250000 habitants. Cordoue compte alors plus de mille mosquées et six cent bains publics.
Tout au long du Xe siècle, Cordoue rivalisera avec Bagdad, en dimension, en population et surtout en magnificence. Un effort systématique est entrepris pour constituer une bibliothèque contenant tous les ouvrages capitaux, anciens et récents connus à l’époque. Un réseau de dépisteurs, de collecteurs, de copistes, étendu à l’ensemble du monde islamique, achemine vers Cordoue une fabuleuse collection d’ouvrages, égale en importance à celle des califes Abbassides. On cite le chiffre de 400 000 volumes. A Cordoue même une armée de scribes et de relieurs veillait à l’entretien de ces trésors.
Durant les années 1220 et 1230, le califat s’effondre et se divise en plus d’une dizaine de petits Etats, les taifas (en arabe Tâ’ifa, pl. Tawâ’if : communauté). Leur rivalité les rendra vulnérables aux attaques chrétiennes.
Epoque chrétienne
La ville de Cordoue reste sous contrôle musulman jusqu’en 1236, date de la prise de la ville par Ferdinand III de Castille. Les Musulmans y restent tolérés, mais la Grande Mosquée est aussitôt convertie en église. En 1523, l’édification d’une cathédrale est entreprise au cœur du bâtiment de l’ancienne mosquée.
Cependant, en plus de construire la cathédrale en plein milieu de la mosquée, les chrétiens murent toutes les ouvertures car à l’origine toute sa surface était ouverte sans mur, offrant un important accès à la lumière naturelle.
En 1808, au cours des guerres napoléoniennes, Cordoue est mise à sac par les troupes françaises.
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Plan de la mosquée cathédrale de Cordoue
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Ce splendide monument est unique au monde et étroitement lié à l'histoire de l'Andalousie.
Lorsque Abd-El-Rahmane se fait proclamer émir de Cordoue en 756, il choisit Cordoue comme capitale de son royaume. Il s'empare du palais wisigoth près du Guadalquivir et doit trouver un lieu de culte pour les nouveaux arrivants musulmans. La basilique Saint Vincent est proche du palais. Il demande donc aux chrétiens l'autorisation d'y prier. Ainsi, pendant les premières années, chrétiens et musulmans ont partagé cette église. Mais la population musulmane augmente très vite, et Abd El Rahmane rachète aux chrétiens l'autre partie de l'église pour agrandir la mosquée. Pour des raisons pratiques et pour montrer son attachement à l'héritage romain et wisigothique, Abd-El-Rahman a tenu à garder des éléments architecturaux de ces deux civilisations. Très nostalgique de sa ville natale, Damas, le nouvel émir fait construire une mosquée qui ressemble en nombreux points à celle des Omeyyades. On dit même que le mihrab fut longtemps orienté vers Damas, et non vers la Mecque.
Cette grande mosquée fut agrandie à trois reprises par les successeurs d'Abd-El-Rahmane Ier, notamment Abd-El-Rahmane II de 821 à 852, puis al Hakam II de 961 à976 et Al Mansûr. La construction dura donc environ 200 ans. A l'intérieur, on est tout d'abord frappé par le nombre impressionnant de colonnes de marbre, de granite et de jaspe, 850 actuellement. On y compte 19 nefs coupées par 36 autres nefs. Il y avait aussi 800 lampes à huile parfumée éclairant les cristaux des mosaïques. Comme dans toutes les mosquées, il n'y avait aucune représentation humaine ou divine. La décoration est donc essentiellement géométrique ou calligraphique. Le minaret qui a 267 marches a été construit par Abd-El Rahmane III.
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| Une forêt de colonnes aux arcs bi-chromiques |
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| Les arcs sont variés : arcs en fer à cheval, arcs en fer à cheval brisés et arcs polylobés |
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Le joyau de ce monument est le mihrab, construit par Al Hakam II. Cette construction perpendiculaire formée d'arcs polylobés et entrecroisés est impressionnante par les mosaïques d'or qui en ornent la façade. Les revêtements de marbre décorés d'arabesques sont les plus beaux reliefs et les plus précieux de l'époque califale. On peut y admirer aussi les versets du Coran dorés sur fond bleu.
Au Moyen Age, la mosquée n'était pas qu'un lieu de prière pour les musulmans : on y allait à l'école, on y jouait aux échecs, on y accueillait les nécessiteux, on y discutait de l'actualité, on y échangeait des idées y compris avec des non musulmans, on y écoutait de la poésie.
Cette mosquée était resplendissante et on venait de partout pour la voir.
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| Le mihrab
Cliquez sur la photo pour voir la décoration.
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La coupole précédant le mihrab |
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| Coupole de la maqsûra
La maqsûra est l'endroit réservé
au calife à l'intérieur de la mosquée.
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La cour des Orangers, el patio de los Naranjos en espagnol, tient son nom de la présence d'orangers. Mais, au XIIIème siècle, il y avait des palmiers. Les orangers existent depuis le XVème siècle et furent accompagnés d'oliviers et de cyprès à partir du XVIIIème siècle.
Awa Sy, 4ème 3
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La cour des Orangers
(patio de los Naranjos)
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Colonne dans la cour des Orangers
Cliquez sur l'image pour voir le chapiteau
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Porte en bois de
la cour des Orangers
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En 1236, la mosquée, adaptée au culte catholique est consacrée en l'honneur de l'Assomption de la Vierge. Les chrétiens ont muré les 19 arcades donnant accès à la mosquée depuis la cour des Orangers, ce qui a ôté tous les effets de lumière à l'intérieur.
En 1523, contre l'avis de la population, on construit en plein centre de l'ancienne mosquée une cathédrale. Le conseil municipal a même menacé de mort les architectes et les ouvriers qui appliquaient l'ordre impérial de construire une cathédrale dans ce monument exceptionnel. On a dû faire appel à l'arbitrage de Charles Quint pour continuer les travaux. Il a donné l'ordre de les continuer. Mais lorsqu'il arriva à Cordoue, Charles Quint fut consterné : " Si j'avais su ce qu'il y avait ici, je n'aurais jamais osé toucher à l'ancien édifice. Vous avez détruit quelque chose d'unique au monde, et avez construit ce que l'on voit partout"
La cathédrale est construite en forme de croix latine, dont le chœur est placé entre le transept et la nef principale. 30 chapelles entourent la nef centrale.
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| La cathédrale est au centre de la salle de prière de la mosquée |
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| La mosquée-cathédrale est entourée de murs percés de somptueuses portes |
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